Embracing the fire: pain and suffering as fertile grounds for growth

(French translation below)

In our contemporary society, there’s a noticeable trend towards avoiding pain and suffering at all costs. This movement has led to a significant sensitization, resulting in a reduced tolerance for any amount of discomfort. A critical examination of this phenomenon reveals that we might be missing an essential truth: pain and suffering are inevitable and necessary for growth and development.

We should ask ourselves these questions. What would we be without our pain? Who would we have become without the hardships of our lives?

Can we really afford to overprotect ourselves and our children and shield our bodies and souls in thick layers of cotton balls to cushion any little bumps in the road that could make us fall?

We should allow ourselves and our children to fail, and fail often. As a parent, I can’t cultivate confidence and resilience in my son on a diet consisting exclusively of sweet praises and hugs. Over-protection and excessive praise, devoid of real challenges, do not equip people with the necessary skills to navigate life’s complexities.

Richard J. McNally, in his article “Can we salvage the concept of psychological trauma?”, highlights the expanding definition of trauma in relation to post-traumattic stress disorder (PTSD). He points out how the broadening criteria for PTSD now include a diverse array of stressors, such as experiencing a wisdom tooth extraction or watching traumatic events on television. This ‘bracket creep’ in defining trauma has reached a point where, by current standards, almost everyone could be considered a trauma survivor, significantly diluting the concept’s meaning. McNally’s observation aligns with the notion that our societal shift towards avoiding pain is leading us towards an unrealistic and unhelpful understanding of trauma and stress.

As McNally cites, the broadening scope of what is considered traumatic uncovers a troubling trend in our perception of adversity. He raises concerns about our society’s declining tolerance for pain and suffering. The author references instances where PTSD symptoms are reported in situations like dental procedures or uncomplicated delivery of a healthy baby. British historian of military trauma Shephard asserts that this broad classification, which equates the trauma of surviving extreme events like Auschwitz with far less severe experiences, like exposure to inappropriate jokes at work, is a patent absurdity. This trend underscores the need to reassess how we understand and engage with life’s challenges.

The modern inclination to shun pain and suffering, as McNally’s critique of the expanding definition of trauma in PTSD diagnosis shows, risks a fundamental misunderstanding of the role of adversity in personal growth. Recognizing and appropriately responding to life’s challenges is crucial in developing resilience, a trait essential for navigating an increasingly complex world.

When we lower the threshold definition of trauma to include events that are part of the normal human experience, like a tooth extraction, we do not empower people; we cultivate a sense of victimization that removes ownership of experience and our individual responsibility for growth.

I am not advocating for the return of a sadomasochistic view of existence. I am simply questioning whether we are doing too much to avoid pain in our lives and offering that it might hurt us back in the end, weakening the foundations of our resilience. Recently, I’ve reshaped my understanding of compassion as the intention and actions directed towards preventing unnecessary pain and suffering in myself and others.

When facing with the inevitable vicissitudes of life, let’s remind ourselves that pain and suffering are fertile grounds for growth. 

Thank you.

————— French translation —————

Accueillir le feu : quand la douleur et la souffrance deviennent des terrains fertiles pour la croissance.

Dans notre société contemporaine, il existe une tendance notable à éviter la douleur et la souffrance à tout prix. Ce mouvement a conduit à une sensibilisation importante, qui se traduit par une tolérance réduite à l’égard de toute forme d’inconfort. Un examen critique de ce phénomène révèle que nous passons peut-être à côté d’une réalité essentielle : la douleur et la souffrance sont inévitables et nécessaires à la croissance et au développement.

Nous devrions nous poser les questions suivantes. 

Que serions-nous sans notre douleur ? 

Qui serions-nous devenus sans les épreuves de notre vie ?

Pouvons-nous vraiment nous permettre de nous surprotéger et de surprotéger nos enfants, et de protéger nos corps et nos âmes avec d’épaisses couches de boules de coton pour amortir toutes les petites bosses sur la route qui pourraient nous faire tomber ?

Nous devrions nous permettre, ainsi qu’à nos enfants, d’échouer, et d’échouer souvent. En tant que parent, je ne peux pas cultiver la confiance et la résilience en nourrissant mon fils exclusivement d’éloges et de câlins. La surprotection et les compliments excessifs, dépourvus de défis réels, ne permettent pas aux gens d’acquérir les compétences nécessaires pour faire face aux complexités de la vie.

Richard J. McNally, dans son article intitulé “Can we salvage the concept of psychological trauma ?”, souligne l’élargissement de la définition du traumatisme en relation avec le syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Il souligne que les critères de plus en plus larges du syndrome de stress post-traumatique incluent désormais un large éventail de facteurs de stress, tels que l’extraction d’une dent de sagesse ou le visionnage d’événements traumatisants à la télévision. Cette “dérive” dans la définition du traumatisme a atteint un point tel que, selon les normes actuelles, presque tout le monde peut être considéré comme ayant survécu à un traumatisme, ce qui dilue considérablement la signification du concept. L’observation de McNally s’aligne sur l’idée que notre évolution sociétale vers l’évitement de la douleur nous conduit vers une compréhension irréaliste et peu utile du traumatisme et du stress.

Comme le souligne McNally, l’élargissement de la portée de ce qui est considéré comme traumatique révèle une tendance troublante dans notre perception de l’adversité. Il s’inquiète de la diminution de la tolérance de notre société à l’égard de la douleur et de la souffrance. L’auteur fait référence à des cas où des symptômes de stress post-traumatique sont signalés dans des situations telles que des interventions dentaires ou l’accouchement sans complication d’un bébé en bonne santé. L’historien britannique des traumatismes militaires Shephard affirme que cette classification générale, qui met sur le même plan le traumatisme lié à la survie à des événements extrêmes comme Auschwitz et des expériences beaucoup moins graves, comme l’exposition à des blagues déplacées au travail, est une absurdité patente. Cette tendance souligne la nécessité de réévaluer la manière dont nous comprenons et abordons les défis de la vie.

La tendance moderne à fuir la douleur et la souffrance, comme le montre la critique de McNally sur l’élargissement de la définition du traumatisme dans le diagnostic du SSPT, risque d’entraîner une incompréhension fondamentale du rôle de l’adversité dans l’épanouissement personnel. Reconnaître les défis de la vie et y répondre de manière appropriée est crucial pour développer la résilience, un trait essentiel pour naviguer dans un monde de plus en plus complexe.

Lorsque nous abaissons le seuil de définition du traumatisme pour y inclure des événements qui font partie de l’expérience humaine normale, comme une extraction dentaire, nous ne responsabilisons pas les gens ; nous cultivons un sentiment de victimisation qui nous prive de l’appropriation de l’expérience et de notre responsabilité individuelle en matière de développement.

Je ne plaide pas pour le retour d’une vision sadomasochiste de l’existence. Je me demande simplement si nous n’en faisons pas trop pour éviter la douleur dans notre vie et si nous ne risquons pas d’en souffrir à notre tour, affaiblissement les fondements de notre résilience. Récemment, j’ai redéfini ma conception de la compassion comme étant l’intention et les actions visant à prévenir la douleur et la souffrance inutiles chez moi et chez les autres.

Face aux inévitables vicissitudes de la vie, rappelons-nous que la douleur et la souffrance sont des terrains fertiles pour la croissance.

Merci

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